vendredi 13 janvier 2017

Thrombophlébites des membres

Thrombophlébites des membres



THROMBOPHLEBITES DES MEMBRES
Signes-Diagnostic-Traitement


Obstruction partielle ou complète d’une veine des membres par un caillot, habituellement fibrino-cruorique, entrainant des lésions réactionnelles de la paroi vasculaire.

·         Urgence diagnostique et thérapeutique
·         Fréquentes
·         Graves mettant en jeu             le pronostic fonctionnel, par la maladie post-phlébitique
Le pronostic vital, par l’embolie pulmonaire
·         Les TVP proximales sont le plus souvent associées à une embolie pulmonaire que les TVP distales.

a.      Signes cliniques
i.            Signes fonctionnels
·         Douleurs           intenses,
spontanées ou provoquées,
souvent modérées,
constantes ou frustres,
à type de crampes ou d’engourdissement,
siégeant au mollet ;
·         Paresthésies ;
·         Impotence fonctionnelle relative du membre inférieur
ii.            Signes généraux
·         Fièvre modérée, 38 – 38°5C, sans infection évidente ;
·         Tachycardie avec fréquence plus importante que ne le voudrait la température : le pouls grimpant de MAHLER ;
·         Anxiété
iii.            Signes physiques
Examen physique bilatéral et comparatif des membres inférieurs ; les signes sont typiquement unilatéraux.
·         Augmentation du volume du mollet de 3 à 4 cm ;
·         Diminution du ballottement du mollet par rapport au côté controlatéral ;
·         Douleur surale déclenchée par la dorsiflexion du pied : le signe de HOMANS (non spécifique) ;
·         Discret œdème prétibial ne prenant pas le godet ;
·         Dilatation des veines superficielles ;
·         Augmentation de la chaleur locale.

Score de WELLS

Facteurs prédisposants
Cancer actif (en cours de traitement actif ou palliatif ou découvert depuis moins de 6 mois)
1 point
Parésie, paralysie ou immobilisation plâtrée récente des membres inférieurs
1 point
Alitement récent > 3 jours ou chirurgie majeure < 4 semaines
1 point
Examen clinique

Douleur à la palpation du trajet des voies profondes
1 point
Tuméfaction (=œdème généralisé de tout un membre)
1 point
Tuméfaction unilatérale d'un membre (> 3 cm de différence entre les deux côtés)
1 point
Œdème prenant le godet
1 point
Développement d'une circulation veineuse collatérale superficielle (non variqueuse)
1 point
Diagnostic alternatif au moins aussi probable que celui de TVP
-2 points
Score

Probabilité clinique faible
0
Probabilité clinique intermédiaire
        1 à 2
Probabilité clinique forte
           > 3


b.      Signes paracliniques
EchoDoppler veineux du membre inférieur atteint, examen non invasif, a remplacé quasi-totalement la phlébographie et pose le diagnostic en montrant :
·         Une dilatation significative de la veine affectée ;
·         Une masse échogène endoluminale, adhérant à une paroi, plus ou moins obstructive : le thrombus ;
·         Veine incompressible sous la sonde en regard du thrombus.
Devant un tel tableau sémiologique, le diagnostic de thrombophlébite s’impose. Cependant, quand les signes sont atypiques, le diagnostic est retardé.
Réalise, typiquement, le tableau de phlegmatia alba dolens
a.      Signes cliniques
i.            Signes locaux
Ils dominent le tableau.
·         Douleur du membre inférieur touché, à type de brûlure, de crampes ou de broiement, insomniante, siégeant sur le trajet veineux, maximale au creux poplité, au mollet, à la région plantaire ; exacerbée par les mouvements ;
·         Un œdème chaud et douloureux, important, étendu, déformant le membre inférieur ;
à peau tendue, luisante, parcourue par un lacis veineux superficiel
·         Gonarthrose avec choc rotulien ;
·         impotence fonctionnelle totale ;
·         Cyanose diffuse du membre ;
·         Palpation           d’un cordon douloureux à la face antéro-interne de la cuisse
et d’une adénopathie inguinale homolatérale ;
·         Touchers pelviens possibles avec une douleur vive provoquée.
ii.            Signes généraux
·         Altération de l’état général avec pâleur et asthénie ;
·         Fièvre 39 – 39,5° C ;
·         Dissociation pouls-température.
Recherche systématique de signes d’embolie pulmonaire : douleur à type de point de côté, crachats hémoptoïques, subictère conjonctival, bruit de galop pré-systolique au foyer pulmonaire, débord hépatique douloureux.
b.      Signes paracliniques
i.            Biologie
·         Syndrome inflammatoire non spécifique
·         Taux de prothrombine élevé
·         INR bas
·         Hyperfibrinogénémie à 6 – 7 g/l
·         Concentration plasmatique des D-dimères de la fibrine élevée > 500 µg/l (un taux < 500 µg/l élimine une phlébite on parle de valeur prédictive négative)
ii.            Echographie-Doppler veineux des membres inférieurs
·         Extension du thrombus ;
·         Incompressibilité d’un segment veineux ;
·         Développement de la circulation veineuse collatérale ;
·         Explorations systématiques des cavités droites à la recherche de signes d’embolie pulmonaire passée inaperçus.
·         Au Doppler, absence de flux veineux dans ce segment et absence de modification de la courbe du flux veineux lors des manœuvres de chasse et lors de la respiration.
iii.            Phlébographie des membres inférieurs
·         Interruption du contraste moulant le caillot réalisant un « arrêt en cupule » quasi pathognomonique de TVP ;
·         Non opacification d’un segment veineux ;
·         Circulation veineuse collatérale.
·         Eléments de surveillance         température,
mensuration des membres inférieurs
EchoDoppler veineux
Hémogramme
·         Modalités évolutives
Favorable sous traitement anti-coagulant précoce et bien conduit.
Par ailleurs, elle est émaillée de complications.

·         Formes latentes, révélées par une embolie pulmonaire
·         Formes récidivantes, fréquentes
·         Formes bilatérales
a.      Phlébites profondes
·         Fémoro-iliaque             douleur abdomino-lombaire
Œdème de tout le membre inférieur touché
·         Pelvienne          dysurie
Ténesme, constipation
Œdème sus-pubien
Touchers pelviens + + +
·         Phlébite à bascule : extension au membre contro-latéral
·         Phlébite du membre supérieur           rare
Compression de la veine axillaire par le défilé costo-claviculaire : phlébite d’effort
Peu d’embolie pulmonaire
b.      Phlébites superficielles
Rares, favorisées par les perfusions
Cordon induré, peu inflammatoire : phlébite en « fil de fer »
a.      Phlébite sur cathéter fémoral (des hémodyalisés)
b.      Phlébite bleue de GREGOIRE ou phlegmatia caerulia dolens
·         Thrombose accompagnée d’une ischémie locale, principalement par spasme d’une artère voisine ;
·         Diagnostic clinique : triade = cyanose + œdème + douleur ;
·         pronostic sévère par complication des phlébites hautes.
c.       Extension de la thrombose (Phlébite cave supérieure avec œdème en pèlerine réalisant le syndrome cave supérieur)
d.      Embolie pulmonaire
·         Urgence médicale vitale
·         Clinique             douleur basithoracique aiguë ; hémoptysie
Polypnée ; fièvre
·         ECG       aspect S1Q3T3
Hypertrophie ventriculaire droite
·         Radiographie pulmonaire        hyperclarté pulmonaire
Amputation de l’artère pulmonaire
·         Echocoeur         dilatation des cavités droites
Hypertension artérielle pulmonaire modérée
e.      Maladie post-phlébitique ou « syndrome veineux post-thrombotique »
·         Clinique             Œdème dur et permanent, vespéral ;
Fatigabilité, lourdeur des jambes ;
Varices et leurs complications.
·         L’écho-Doppler veineux pose le diagnostic.
f.        Complications du traitement anticoagulant


·         Grosse jambe douloureuse et fébrile
·         Echographie-Doppler veineux

a.      Erysipèle de la jambe ou dermohypodermite aiguë bactérienne non nécrosante
·         Diagnostic clinique ;
·         Fièvre 39 – 40° C ;
·         Plaque érythémateuse, oedémateuse, bien circonscrite, douloureuse.
b.      Lymphoedème de la jambe
·         Œdème élastique chronique ;
·         Pachydermie avec signe de STEMMER : impossibilité de pincer la peau à la face dorsale du 2ième orteil.
c.       Hématome musculaire du mollet
·         Il existe toujours notion de traumatisme ;
·         Douleur vive, immédiate au niveau du mollet qui gonfle rapidement ;
·         Echogramme met en évidence l’hématome, et redresse le diagnostic.
a.      Arthrite du genou
·         Tuméfaction + douleur du genou ;
·         Flexion impossible + choc rotulien ;
·         Ponction du genou avec étude cytochimique et bactériologique du liquide de ponction.
b.      Rupture d’un kyste poplité
·         Notion de masse du creux poplité ;
·         Douleur brutale, étendue au mollet ;
·         Creux poplité empâté, douloureux ;
·         EchoDoppler veineux pose le diagnostic.

·         Etat civil
·         Antécédents familiaux de déficit constitutionnel de facteurs de la coagulation
·         Notion d’affections graves : cancers viscéraux, hémopathies malignes. Toutes les affections qui entrainent une immobilisation prolongée
·         Examen complet de tous les appareils et systèmes
·         Examens complémentaires
Fonction rénale : urée sanguine, créatinine
Autres : glycémie à jeun, uricémie, cholestérolémie, VS, CRP, scanner
a.      Chirurgicales
·         Chirurgie orthopédique et plâtre
·         Chirurgie pelvienne
·         Chirurgie des cancers
b.      Obstétricales
·         Post-partum
·         Post-abortum
·         Césarienne
c.       Médicales
·         Stase veineuse  insuffisance cardiaque chronique
Hémopathies : leucémie, polyglobulie, drépanocytose
Infections : septicémies, fièvre typhoïde
Connectivites : lupus systémique, maladie de BEHCET
Paralysies : hémiplégies, paraplégies
Tabac et maladies métaboliques : goutte, diabète sucré, obésité,
Dyslipidémies
·         Anomalies constitutionnelles de l’hémostase
Déficit en anti-thrombine III, protéine C, protéine S, plasminogène
Résistance à la protéine C réactive
·         Locales : syndrome de COCKETT qui est une compression de la veine iliaque gauche primitive par l’artère iliaque droite primitive.
·         Iatrogènes         thérapie par oestroprogestatifs
Cathéter veineux en pose prolongée
Héparinothérapie prolongée


·         Lever précoce des opérés ;
·         Surélévation et mobilisation régulière des MI pendant la période d’alitement ;
·         Port d’une contention élastique des MI

·         Dissoudre le caillot
·         Eviter sinon PEC les récidives et les complications

·         Hospitalisation et mise en conditions
·         Traitement anticoagulant (TAC)                     
Héparines de bas poids moléculaire (la référence +++) : Innohep* (175 UI/Kg, 1 inj en
SC/j, Lovenox*   
Héparines non fractionnées (si contre-indication HBPM) : Calciparine* (500 UI/Kg/j en
3 inj SC)
Anti-vitamines K (débutés en relais des HBPM ou HNK) : Sintrom* (1 cp/j, ¾ cp/j chez
les sujets maigres), Previscan* (1 cp/j), Coumadine* (5 mg/j) avec objectif INR entre
2-3.
·         Thrombectomie/thrombolyse
·         Filtre cave

Toujours mesures physiques.
·         TVP distale : 6 semaines de TAC ;
·         TVP proximale : 3-6 mois de TAC ;
·         TVP récidivante (≥ 2 épisodes) : TAC à vie.

·         Clinique : pouls, PA, température, signes inflammatoires locaux, auscultation cardio-pulmonaire ;
·         Paraclinique : NFS et plaquettes, Echo-Doppler à 3 mois, scintigraphie pulmonaire


La TVP est une manifestation aiguë de la MTEV.


KB Cardiologie-vasculaire 2014, VG Editions. David ATTIAS

La conférence Hippocrate

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire