vendredi 27 novembre 2015

Physiologie de la digestion intestinale

Physiologie de la digestion intestinale


PHYSIOLOGIE DE LA DIGESTION INTESTINALE


Les phénomènes mécaniques et chimiques de la digestion intestinale permettent de transformer le chyme gastrique en éléments simples, directement absorbables par la muqueuse intestinale.

Essentiellement dans l’intestin grêle

·         Les fibres musculaires lisses sont disposées en 2 couches : circulaire int et longitudinale ext.
·         La musculaire muqueuse forme des replis au niveau des valvules conniventes.
·         Les plexus nerveux intrinsèques comprennent : le plexus d’AUERBACH situé entre les 2 couches musculaires et le plexus de MEISSNER qui est sous-muqueux.
·         La longueur de l’intestin grêle est de 2 à 5 m et sa surface, accrue par les villosités, est de 40 m².
·         Dans la lumière duodénale débouchent les canaux qui apportent les sécrétions biliaire et pancréatique.
·         Les formations glandulaires comprennent les glandes de BRUNNER, au niveau du duodénum, les glandes de LIEBERKHUN qui débouchent dans les cryptes situées à la base des villosités.
·         L’épithélium comporte des cellules à mucus, des entérocytes.
·         Les fibres musculaires lisses longitudinales sont groupées en 3 bandelettes.
·         Il existe des dépressions circulaires ou haustrations.


·         Directes          Chez l’animal  inspection par laparotomie ou extériorisation d’une anse intestinale.
Technique de fistules qui a permis de recueillir les sécrétions intest
Chez l’homme                        laparoscopie et radiocinématographie
Le tubage duodénal permet d’étudier la sécrétion biliaire et la sécrétion pancréatique.
Le tubage jéjunal
·         Indirectes        Enregistrement des pressions
Enregistrement de l’activité électrique.


a.      Mouvements de brassage
·         Ils permettent le contact entre les aliments et le suc digestif et n’ont pas d’action sur la propagation du bol alimentaire.
·         Ils se décomposent     en mouvements de segmentation, par contraction de la couche circulaire
interne
et en mouvements pendulaires, par contraction des fibres longitudinales.
b.      Mouvements péristaltiques
·         Ils assurent la progression du bol alimentaire.
·         Les ondes progressent à la vitesse de 5 cm/s environ et ont une fréquence plus grande dans la première moitié de l’intestin grêle. Elles se propagent toujours dans le sens oral-aboral, sauf au niveau du duodénum et de l’extrémité terminale de l’iléon.
·         Le péristaltisme est un mouvement complexe associant une contraction des fibres circulaires d’amont et un relâchement avec raccourcissement des fibres d’aval.
c.       Cinétique intestinale
·         Dans le duodénum et l’iléon, ce sont les mouvements de brassage qui prédominent.
·         La valvule de BAUHIN est atteinte en 4 à 5 heures.
·         La valvule iléo-caecale, normalement fermée, s’ouvre lors du passage d’une onde péristaltique.
a.      Contraction myogène
·         Elle est                        liée à la dépolarisation spontanée des fibres musculaires lisses
Responsable des mouvements segmentaires et pendulaires
augmentée par la distension intestinale
·         Elle ne dépend pas du système nerveux intrinsèque et persiste après extirpation du plexus d’AUERBACH.
b.      Péristaltisme
Il nécessite l’intégrité du système nerveux intrinsèque, contrairement aux mouvements de brassage.
Il s’agit d’un arc réflexe mis en jeu par la distension pariétale ou par la nature chimique du chyme intestinal de son pH et de son osmolarité. Il emprunte les plexus nerveux de MEISSNER et d’AUERBACH. Il nécessite un mécanisme cholinergique en amont et adrénergique en aval.
                        
a.      La sécrétion pancréatique hydrélatique
Riche en HCO3 et en H20,
pauvre en enzymes,
provoquée par la libération de sécrétine sous l’influence du chyme gastrique acide.
b.      La sécrétion pancréatique ecbolique
Riche en enzymes
dépend de la libération de la cholécystokinine-pancréozymine, sous l’influence des peptones et des graisses.
·         les enzymes glycolytiques : amylase
·         les enzymes lipolytiques        lipase pancréatique (hydrolyse les triglycérides),
lécithinase et cholestérol-estérase
·         les enzymes protéolytiques
endopeptidases : trypsine et chymotrypsine, sécrétées sous forme de précurseurs (trypsinogène et chymotrypsinogène)
exopeptidases : carboxypeptidases,
L’élastase et la collagénase hydrolysent le collagène,
Les nucléases hydrolysent les acides nucléiques.
c.       La sécrétion biliaire
Dépourvue d’enzymes contient des HCO3 et des sels biliaires, indispensables à la bonne digestion des graisses.
Elle est déversée dans l’intestion en période digestive, la contraction de la vésicule et le relâchement du sphincter d’ODDI étant mis en jeu pas la CCKPZ. Cette hormone duodénale est libérée sous l’influence des lipides dans le duodénum.
Elle est composée de
a.      Suc duodénal
Liquide clair, épais et visqueux, alcalin
dû à la sécrétion des glandes de BRUNNER
riche en mucus et en HCO3
contenant des enzymes (amylase et entérokinase) et différentes hormones qui stimulent la sécrétion intestinale (sécrétine, gastrine, cholécystokinine- pancréozymine)
b.      Suc intestinal du reste du grêle
Il est plus fluide et de pH neutre, produit au niveau du jéjuno-iléon par les glandes de LIEBERKHUN, riche en mucine, HCO3 et enzymes qui proviennent de la desquamation des cellules intestinales (enzymes protéolytiques, lipolytiques et glycolytiques).
c.       Autres sécrétions
La muqueuse intestinale sécrète en outre des immunoglobulines (IgA) de l’histamine et de la sérotonine.
L’acidité du chyme gastrique au sortir de l’estomac empêche toute action enzymatique.
Les sécrétions intestinales biliaires et pancréatiques, alcalines, permettent la neutralisation du chyme gastrique.
a.      Digestion des glucides
·         Amidon et glycogène sont dégradés en oligosaccharides et disaccharides, sous l’influence des amylases pancréatiques et intestinales.
·         Les disaccharides sont hydrolysés, sous l’action des disaccharidases, en monosaccharides.
3 maltases hydrolysent le maltose et le maltotriose en glucose
L’invertase le saccharose en glucose et fructose
La lactase hydrolyse le lactose en glucose et galactose
La tréhalase hydrolyse le tréhalose
b.      Digestion des protides
Elle a lieu essentiellement dans le grêle supérieur sous l’action des peptidases pancréatiques et intestinales.
Les protéines d’origine exogène parviennent à l’intestin sous forme de peptone et d’albumose.
Les protéines d’origine endogène sont : sucs digestifs, protéines transsudées et protéines de desquamation.
Les peptidases pancréatiques aboutissent à la libération d’acides aminés basiques et aromatiques, scindant les protéines en di et tri peptides.
Les peptidases intestinales complètent l’action des précédentes.
c.       Digestion des lipides
Elle commence dans le duodénum par une émulsification sous l’action des sels biliaires et de la lécithine qui produisent une microémulsion augmentant la surface huile-eau.
L’hydrolyse des triglycérides est due à la lipase pancréatique qui libère des mono glycérides et des acides gras.
Les produits de dégradation des triglycérides forment avec les sels biliaires des micelles mixtes qui permettent la solubilisation des mono glycérides et des acides gras. Ces micelles présentent les graisses à l’entérocyte, les sels biliaires étant réabsorbés dans l’iléon selon un cycle entéro-hépatique.
Les triglycérides à chaînes courtes ne nécessitent pas de solubilisation micellaire.
Les lécithines sont hydrolysées par les phospholipases pancréatiques.
Les stérols et les vitamines liposolubles :
Le cholestérol estérifié subit l’action d’une estérase
le cholestérol libre et certains stérols végétaux sont solubilisés dans les micelles mixtes


Le péristaltisme du grêle se poursuit le long du côlon.
Les mouvements de brassage (responsables des haustrations) et les mouvements anti-péristaltiques du côlon droit favorisent la réabsorption de l’eau.
2 - 3 fois par 24h, le côlon droit et le sigmoïde sont parcourus par des mouvements propulsifs puissants, qui assurent le remplissage du rectum.
Déterminé radiologiquement au moyen d’un marqueur baryté :
angle droit atteint en 6 à 12 heures
progression angle droit à angle gauche demande environ 24 heures.
Au moyen d’un marqueur coloré qui apparaît normalement entre la 16ième – 30ième heure.
Expliquerait l’augmentation post-prandiale de la motricité colique.

·         Concentration des matières fécales par absorption d’eau
·         Mouvements ioniques : K et HCO3 sont excrétés dans la lumière intestinale alors que le Na et le Cl sont réabsorbés avec l’eau
·         Sécrétion colique : peu abondante, alcaline et riche en mucus, dépourvue d’enzymes.
·         Dégradation enzymatique par la flore bactérienne
Au niveau du côlon ascendant, il existe des bactéries de fermentation qui agissent sur la
cellulose et l’amidon non digéré, en acidifiant les selles.
Au niveau du côlon descendant, il existe des bactéries de putréfaction qui agissent sur les
protéines non digérées avec libération d’ammoniac et de corps aromatiques.
·         Production de vitamines : certaines vitamines (B et K) peuvent être synthétisées par ces micro-organismes.


Le parasympathique par l’intermédiaire du pneumogastrique augmente le tonus et la motricité intestinale.
Le sympathique, au contraire, diminue le péristaltisme.
La mise en jeu du système nerveux extrinsèque est due :
à des stimulations locales, à l’origine de réflexes inhibiteurs (dilatation ano-rectale ou du
grêle) et excitateurs (réflexe intestino-intestinal)
à des stimulations centrales, notamment hypothalamiques
à des stimulations inter-centrales (psychiques).
La sérotonine a une double action : stimule directement la musculature lisse et agit en libérant de l’acétylcholine au niveau des plexus.
L’histamine, produite par les mastocytes, agit également en libérant l’acétylcholine au niveau des plexus.
Les gastrines intestinale et antrale stimulent la motricité du grêle.

La commande est double : nerveuse, le pneumogastrique qui déclenche une sécrétion et humorale par l’intermédiaire de la sécrétine.
La commande est humorale par l’intermédiaire de l’entérocrinine qui déclenche une sécrétion abondante riche en enzymes.
Elle est locale due à des facteurs mécaniques (distension et motricité du grêle) et chimiques (acidité du chyme et produits de digestion protidique).


Diarrhée : osmotique, sécrétoire, exsudative et motrice
Constipation : trouble de la motricité ou obstacle mécanique

Les différentes sécrétions intestinales sont soumises à une commande unifiée : nerveuse et humorale.
Cette commande permet une digestion harmonieuse des aliments, nécessaire à l’absorption intestinale.