mardi 10 février 2015

Occlusions intestinales aiguës

Occlusions intestinales aiguës



OCCLUSIONS INTESTINALES AIGUËS
Signes-Diagnostic-Traitement


Arrêt plus ou moins complet des matières et /ou des gaz entre l’angle duodéno-jéjunal et l’anus
par obstruction (occlusion mécanique)
ou par paralysie du péristaltisme intestinal (occlusion fonctionnelle).

·         Urgence médico-chirurgicale
·         Diagnostic clinique
·         Etiologies multiples


a.      Signes fonctionnels
·         douleur abdominale   progressive,
intermittente (en spasme),
modérée
·         Vomissements précoces, abondants et répétés
·         Arrêt tardif du transit
b.      Signes généraux
Etat général conservé initialement, état de choc tardif
c.       Signes physiques
·         Inspection       météorisme abdominal         précoce,
diffus,
discret
animé par ondulations péristaltiques
spontanées ou provoquées par la douleur ou une chiquenaude, parfois absent ;
recherche de cicatrices de laparotomie ; une éventration
·         Palpation        résistance élastique ;
pas de contracture ;
pas de défense ;
orifices herniaires ?
·         Percussion      tympanisme abdominal,
parfois une matité déclive des flancs
·         Auscultation    bruits hydro-aériques
ou silence abdominal « sépulcral »
·         Touchers pelviens : au toucher rectal le rectum est vide (+/- toucher vaginal).
Il existe des occlusions hautes à ventre plat (jéjunum proximal).
a.      Biologie
NFS, protidémie
Ionogramme sanguin
Fonction rénale
Bilan pré-opératoire
b.      Imagerie
·         Radiographie de l’abdomen sans préparation
Effectuée en première intention ;
Technique       debout de face, centrée sur les coupoles diaphragmatiques,
ou couché de profil.
Résultats : confirme le diagnostic de l’occlusion intestinale aiguë en révélant des niveaux hydro-aériques (avec opacité basale à limite supérieure horizontale, surmontée d'une
hyperclarté), multiples, centraux, plus larges que hauts, disposés en
« terrasses étagées, tuyaux d'orgue, marche d'escalier, en damier ou en arceau ».
·         Scanner abdominal avec injection de produit de contraste
Examen de référence ; en l’absence de contre-indications (allergie à l’iode ou insuffisance rénale).
Il pose le diagnostic en montrant une distension intestinale localisée ou plus ou moins diffuse > 25 mm.
·         Transit à la gastrograffine (si contre-indication de la baryte)
Intérêt diagnostique et thérapeutique,
Visualise l’obstruction et permet parfois de la lever.
·         Endoscopie diagnostique est contre-indiquée car le risque de perforation est majeur.
a.      EDS
Signes cardinaux, constantes
b.      ME
·         L’évolution favorable ne se conçoit que sous traitement précoce et bien conduit ; avec reprise spontanée du transit intestinal.
·         En cas de retard de diagnostique ou thérapeutique, l’évolution peut se faire vers des complications à type d’ischémie, de nécrose voire de perforation intestinale. Elles se traduisent par des signes de gravité :
L’état général est très altéré avec état de choc et apparition d’une fièvre,
les vomissements deviennent fécaloïdes,
les douleurs abdominales deviennent très intenses,
le météorisme abdominal devient le siège d’une défense abdominale.
La biologie      hyperleucocytose avec élévation de la CRP ;
une acidose métabolique,
une augmentation des lactates.
L’ASP peut retrouver un pneumopéritoine par perforation digestive.
Le scanner abdominal retrouve les signes de souffrance digestive, à savoir :
un épanchement péritonéal,
une infiltration du mésentère,
un amincissement de la paroi intestinale qui devient virtuelle et qui ne se rehausse pas après injection en cas d’ischémie artérielle, un épaississement circonférentiel en cible de la paroi intestinale ˃ 3 mm avec un rehaussement prolongé en cas d’ischémie veineuse. En cas de nécrose digestive, il existe une pneumatose pariétale et une aéroportie. En cas de perforation digestive, le scanner met en évidence un pneumopéritoine.
Ces complications imposent une exploration chirurgicale en urgence encadrée par une réanimation.

Arrêt des matières sans arrêt des gaz
Vidange du segment intestinal en aval de l’obstacle.
a.      Clinique
·         Vomissements tardifs, parfois fécaloïdes.
·         Arrêt du transit net et précoce.
·         Météorisme abdominal volumineux.
b.      Paraclinique
·         ASP : Niveaux hydro-aériques périphériques, moins nombreux, plus hauts que larges avec des haustrations incomplètes.
·         Scanner abdominal
Diamètre du côlon ˃ 60 cm et celui du caecum ˃ 10 cm expose à la perforation diastatique.
·         Lavement opaque aux hydro-solubles (gastrograffine ou télébrix, si contre-indication à la baryte) Visualise l’obstruction et permet parfois de la lever.
a.      Occlusions par strangulation
·         Clinique          douleur d’ischémie : aiguë intense, permanente 
Vomissements précoces
Arrêt rapide du transit
Etat de choc précoce
Météorisme abdominal asymétrique, immobile, tympanique réalisant le signe de
VON WAHL
Auscultation silencieuse
·         Paraclinique   ASP : niveaux hydro-aériques
Scanner abdominal : distension intestinale avec syndrome jonctionnel (transition
entre intestin dilaté et intestin plat)
Le risque de nécrose et de perforation est très important.
b.      Occlusions fonctionnelles
·         Clinique          douleur très progressive et discrète.
Vomissements inconstants
Arrêt rapide du transit
Auscultation silencieuse.
·         Paraclinique   ASP : aéro-iléie ou aéro-colie.
Scanner abdominal : distension intestinale sans syndrome jonctionnel, ni obstacle.


Syndrome occlusif avec les 4 signes cardinaux qui associent : douleur abdominale, vomissements, arrêt des matières et gaz et météorisme abdominal.

·         IDM
·         La poussée d’ascite
·         Sténoses pyloro-duodénales
·         Dilatation aiguë de l’estomac
atonie brutale de l’estomac classiquement liée au pincement du 3ième duodénum entre
pédicule mésentérique et aorte.
Douleurs vives,
vomissements souvent profus
et choc avec tendance au collapsus,
altération profonde de l’état général,
déshydratation,
position genu pectorale antalgique.
·         Infarctus mésentérique : souffrance intestinale due à une baisse brusque, primitive ou secondaire, organique ou fonctionnelle, intermittente ou permanente de la circulation mésentérique.

a.      Occlusions hautes (grêle)
·         Par strangulation     
Occlusions sur brides,
hernies ou éventrations étranglées,
invagination intestinale aiguë,
diverticule de MECKEL compliqué,
volvulus du grêle
·         Par obstruction 
Iléus biliaire : il est secondaire à la migration d’un volumineux calcul au travers d’une fistule cholécysto ou cholédoco-duodénale dans l’intestin grêle où il bloque. ASP : retrouve 3 signes inconstants niveaux hydro-aériques de type grêleuse, une aérobilie et une calcification arrondie dans la fosse iliaque droite.
Les corps étrangers intra-grêliques
Les tumeurs du grêle : rares
Le bézoard,
la carcinose péritonéale,
les sténoses ischémiques ou post-radiques,
le paquet d’ascaris
b.      Occlusions basses (colo-rectales)
·         Par strangulation
Volvulus du côlon pelvien, du caecum ou du côlon transverse
Etranglement colique dans une hernie diaphragmatique
·         Par obstruction
Le cancer du côlon
les tumeurs bénignes,
le fécalome,
les corps étrangers intra-rectaux,
les sténoses inflammatoires ou post-radiques.
a.      Occlusions réflexes
·         Colique néphrétique,
·         Colique hépatique,
·         Iléus post-opératoire
b.      Occlusions inflammatoires
·         Appendicite méso-coeliaque
·         Pancréatite aiguë,
·         Péritonites occlusives,
·         Abcès intra-péritonéaux
·         La sigmoïdite diverticulaire : réalise une occlusion fébrile avec empâtement douloureux de la fosse iliaque gauche. Le scanner abdominal retrouve une sténose longue, régulière, symétrique avec remaniement de la graisse péricolique.
c.       Occlusions par inerties 
·         Le syndrome d’OGILVIE (pseudo-obstruction colique du sujet de la soixantaine)
·         Causes médicamenteuses : opiacés, anticholinergiques, antidépresseurs
·         Causes métaboliques : hypokaliémies, acido-cétose diabétique
·         Causes neurogènes : Maladie de HIRSCHPRUNG, maladie de PARKINSON
·         Causes endocriniennes : hypothyroïdie, hypoparathyroïdie


·         Lever l’obstacle
·         Rétablir le transit
·         Eviter sinon PEC les complications


·         Hospitalisation en unité de soins intensifs ou en milieu chirurgical
·         Arrêt de l’alimentation orale
·         2 voies veineuses de bon calibre pour les prélèvements sanguins et le remplissage vasculaire par des cristalloïdes et des électrolytiques (sérum salé isotonique) à raison de 40 cc/Kg ou les macromolécules à raison de 20 cc/Kg, voire sang total ;
·         sonde urinaire ;
·         oxygénothérapie ;
·         Antibiothérapie parentérale : ampicilline, métronidazole, gentamycine, Amoxicilline-Acide clavulanique
·         Antalgiques : paracétamol ;
·         Régulateur du transit : trimébutine (Débridat*) ;
·         Antispasmodiques : Phloroglucinol (Spasfon*)
·         Exsuflation
·         Détorsion endoscopique, chirurgicale
·         Endoprothèse (stent)
·         Extraction
·         Sections sur brides
·         Résection intestinale
·         Stomie : iléostomie ou colostomie
·         Exérèse
·         Anastomose
·         Toilette et drainage de la cavité péritonéale en cas de collection intra-abdominale ou de péritonite associée

Traitement médical ou instrumental, chirurgical seulement si complications.
·         Occlusion basse, sans perforation
Volvulus : détorsion endoscopique
Tumeurs sténosantes : stent
Corps étrangers : extraction
·         Occlusion basse avec perforation ou si échec du traitement instrumental : chirurgie
·         Occlusion haute : traitement chirurgical
Volvulus du grêle : détorsion chirurgicale
Occlusion sur brides : section de brides
Corps étrangers ou calcul : entérotomie suivie de la suture intestinale
Sténose, tumeur sténosante ou nécrose : résection intestinale suivie d’anastomose ou de stomie
Tumeur extrinsèque : exérèse




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