Affichage des articles dont le libellé est Maladies systémiques. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Maladies systémiques. Afficher tous les articles

mardi 22 novembre 2016

Dysphagie : Diagnostic

Dysphagie : Diagnostic


DYSPHAGIE
Diagnostic


Sensation de blocage ou de gêne ressentie lors de la progression du bol alimentaire.

·         Signe fonctionnel = symptôme
·         Etiologies multiples
·         Endoscopie oeso-gastroduodénale systématique
·         Avoir la hantise d’un cancer de l’oesophage


a.      Anamnèse
·         Terrain              Intoxication alcoolo-tabagique
Immunodépression
Ingestion de produit caustique
ATCDS de radiothérapie cervicale ou thoracique
Maladie générale : diabète, sclérodermie
·         Caractères de la dysphagie    
Elective pour les solides, évocatrice d’une affection organique
Survenant aussi bien pour les solides que pour les liquides
Paradoxale (plus marquée pour les liquides)
Siège, sans grande valeur localisatrice                      cervical, à la base du cou
                                                                         Thoracique, rétro-sternal
Evolution           Intermittente et capricieuse, déclenchée par les émotions ou les repas
rapides, évocatrice d’une affection fonctionnelle
                          Continue, avec aggravation progressive aboutissant à l’aphagie,
évocatrice d’une affection organique
Le caractère douloureux (odynophagie) témoigne habituellement de lésions inflammatoires de l’oropharynx ou de l’œsophage.
b.      Examen général
Fonction de l’étiologie
c.       Examen physique
Il est le plus souvent normal, il sera complet à la recherche de signes d’orientation étiologique.
Le diagnostic étant clinique, ils se feront seulement à visée étiologique.

·         Anorexie : dégoût des aliments sans sensation de blocage
·         Globus hystericus ou « boule dans la gorge » +++
Sensation de boule dans la gorge, permanente, indépendante de la déglutition, parfois paradoxalement soulagée par les aliments.
Souvent accompagnés d’autres symptômes : palpitations, sueurs, dyspnée, sans amaigrissement.
Siège cervical haut
Lors de la phase volontaire de la déglutition
Fréquemment associées à des fausses routes nasales, des fausses routes trachéales et des déglutitions répétées.
Etiologies ORL ou neurologiques.

a.      Anamnèse
·         Terrain              Intoxication alcoolo-tabagique
Immunodépression
Ingestion de produit caustique
ATCDS de radiothérapie cervicale ou thoracique
Maladie générale : diabète, sclérodermie
·         Signes associés             signes de RGO
Odynophagie (dysphagie douloureuse)
Hypersialorrhée
Hoquet
Fausses routes
b.      Examen général
·         Altération de l’état général
·         Signes de dénutrition
·         Signes de déshydratation
c.       Examen physique
Il recherche
·         Des adénopathies cervicales et sus-claviculaires
·         Une ascite
·         Una candidose buccale
·         Une hépatomégalie tumorale
·         Une tuméfaction cervicale
·         Au toucher rectal : une masse, un nodule suspect de carcinose péritonéale
d.      Examens paracliniques
·         La FOGD en première intention
·         En seconde intention,               TOGD, si contre-indication de la FOGD, tumeur
sténosante et non-franchissable à la FOGD, en cas de
suspicion de fistule oeso-trachéale ou de perforation
oesophagienne ;
Manométrie oesophagienne si FOGD normale
a.      Dysphagies lésionnelles
·         Sténoses tumorales
Cancer de l’œsophage (cancer épidermoïde, plus rarement adénocarcinome)
Cancer du cardia
Autres tumeurs                       malignes : sarcome, mélanome
                                      Bénignes : léiomyome
                                      Extrinsèques : ganglionnaires, bronchiques, médiastinales
·         Sténoses non tumorales
Peptique : sténose régulière, centrée, souvent à la jonction des tiers moyen et inférieur de l’œsophage.
Caustique ou radique, plus rarement
Diaphragmes    un anneau de SCHATZKI, réalisant un aspect de diaphragme du tiers
inférieur de l’oesophage. Cette lésion acquise peut être associée à un
reflux gastro-oesophagien, ou
plus rarement à une carence martiale dans le cadre d’un syndrome de
PLUMMER-VINSON/KELLY-PATERSON
·         Oesophagites non sténosantes
Infectieuses : (Candida, CMV, herpès) observées le plus souvent dans un contexte
d’immunodépression
Médicamenteuses : (doxycycline, aspirine, AINS, chlorure de potassium). Le symptôme prédominant est l’odynophagie
A éosinophiles : qui touchent surtout l’homme, en association dans 50 % des cas avec
des manifestations atopiques (asthme, dermatite atopique…) et qui peuvent être à
l’origine d’impactions alimentaires (blocage des aliments dans la lumière). L’endoscopie peut être normale, ou visualiser les lésions suivantes : granité blanchâtre, muqueuse épaissie avec présence de fissures linéaires verticales, sténoses uniques ou multiples et aspect en « pseudo-trachée ». La confirmation du diagnostic est histologique avec une infiltration par des polynucléaires éosinophiles
Diverticule de ZENKER : il siège à la face postérieure de la jonction pharyngo-oesophagienne ; la dysphagie est haute et associée à des régurgitations alimentaires
parfois déclenchées par une pression cervicale.
b.      Dysphagies fonctionnelles
·         Troubles moteurs primitifs
L’Achalasie (cardiospasme) : de cause inconnue, défini par l’absence complète de péristaltisme dans le corps de l’oesophage. Dans la majorité des cas, cet
apéristaltisme est associé à une relaxation du SIO absente ou incomplète lors de la déglutition et à une hypertonie de repos du SIO.
La dysphagie est le signe révélateur habituel, elle peut être très modérée, est paradoxale (évocatrice) et capricieuse, survenant de façon intermittente et inopinée.
Accompagnée de régurgitations nocturnes.
Elle peut entraîner une dénutrition.
L’endoscopie découvre, à un stade évolué, un oesophage dilaté, atone, contenant des résidus alimentaires parfois abondants, il peut exister une difficulté au passage du cardia.
La maladie des spasmes diffus de l’œsophage : plus de 10 % des ondes enregistrées au niveau du corps de l’oesophage sont anormales, non propagées, amples et répétitives, et alternent avec un péristaltisme normal.
L’œsophage « casse-noisettes » : se caractérise par des ondes péristaltiques anormales, prolongées et de très grande amplitude prédominant dans la partie distale de l’œsophage.
·         Troubles moteurs secondaires
Ils peuvent être observés au cours des collagénoses (sclérodermie), du diabète, de l’amylose et de nombreuses affections du système nerveux central ou périphérique.


La dysphagie oro-pharyngée relève essentiellement de causes ORL ou neurologiques.
En cas de dysphagie, une endoscopie oeso-gastro-duodénale doit être effectuée en première intention pour chercher une lésion organique de l’oesophage.
Les principales causes organiques de dysphagie sont des tumeurs oesophagiennes et
oesophagites (par reflux notamment).


KB Hépato-gastro-entérologie-Chirurgie digestive, VG Edition, Edition 2014
Abrégé d’hépato-gastro-entérologie et de chirurgie digestive, 3ième édition, CDU-HGE-Editions Elsevier-Masson
La conférence Hippocrate


lundi 8 août 2016

Pleurésies séro-fibrineuses

Pleurésies séro-fibrineuses



PLEURESIES SERO-FIBRINEUSES (EXSUDATIVES)
Signes-Diagnostic-Traitement


Collection de liquide exsudatif, non purulent, libre ou cloisonné, dans la grande cavité péritonéale ; en dehors  de tout traumatisme ou de toute manœuvre instrumentale.

·         Fréquentes
·         Etiologies diverses dominées par la tuberculose, la polyarthrite rhumatoïde et les cancers
·         Sa forme abondante est une urgence médicale
·         Diagnostic étiologique repose sur la ponction pleurale et parfois la biopsie pleurale


·         Signes fonctionnels : douleur thoracique, toux, dyspnée
·         Bilan d’une maladie générale
·         Systématique à la radiographie du thorax
a.      Signes fonctionnels
·         Douleur             basithoracique ou sous-mamelonnaire
Lancinante
A type de point de côté
Irradiation postérieure ou vers l’épaule homolatérale
Accentuée par la toux, l’inspiration profonde et les changements de position
·         Toux      sèche
Quinteuse
tenace
Déclenchée par les changements de position
Majorée par la douleur
Calmée par le décubitus latéral (sur le côté atteint)
·         Dyspnée                        à type de polypnée superficielle
Dont l’intensité est fonction de la rapidité de constitution de l’épanchement, de l’état du parenchyme et respiratoire antérieur
b.      Signes généraux
Ils sont fonction de l’étiologie :
·         Altération de l’état général
·         Syndrome infectieux
c.       Signes physiques
Syndrome d’épanchement pleural liquidien
·         Inspection         Patient en décubitus latéral (côté malade)
En position assise, diminution de l’ampliation thoracique
·         Palpation : abolition des vibrations vocales sur toute la hauteur de l’épanchement
·         Percussio           matité franche, hydrique, dite de « bois », homogène, déclive
 Skodisme ou « bruit skodique » : une résonance tympanique légère produite par la percussion du sommet du poumon lors d'une pleurésie.
·         Auscultation      abolition du murmure vésiculaire dans la zone mate
Souffle pleurétique doux, expiratoire
                                 Souffle pleural
·         Pectoriloquie aphone : transmission nette de la voie chuchotée
·         Egophonie
Au total, nous avons le trépied de GAILLARD : abolition des vibrations vocales, matité franche hydrique, abolition du murmure vésiculaire.
L’examen sera complet en insistant sur les examens cardiaque, spléno-ganglionnaire, péritonéal et articulaire.
a.      Biologie
Syndrome inflammatoire biologique non spécifique
b.      Radiographie du thorax
·         Face       Opacité basale,
Dense
Homogène
A limite supérieure nette, concave vers le haut, tournant dans la région axillaire
Varie avec les changements de position : courbe de DAMOISEAU
·         Profil     Courbe parabolique de sommet axillaire
c.       Ponction pleurale
·         Technique : ponctionnes en pleine matité, en rasant le bord supérieur de la côté sous-jacente ;
·         Résultats           affirme l’épanchement en ramenant un liquide jaune citrin, +/- épais,
poisseux, collant aux doigts du gant
Biochimie : taux de protides > 30 g/l (exsudatif), parfois on s’aide des
critères de LIGHT      LDH > 200 U/l
                                   Protides pleuraux/sériques > 0,5
                                   LHD pleuraux/sériques > 0,6
Cytologie et bactériologie seront à visée étiologique
a.      Eléments de surveillance
·         Cliniques : constantes (FR +++, pouls +++), examen pleuro-pulmonaire
·         Paracliniques : radiographie du thorax
b.      Modalités évolutives
L’évolution est fonction de l’étiologie. Elle est favorable sous traitement précoce et bien conduit.
Ailleurs elle peut se faire vers des complications :
·         Récidives
·         Surinfections
·         Séquelles pleurales (symphyse pleurale)
·         Pleurésie de grande abondance

a.      Pleurésie de grande abondance
·         Urgence médicale
·         Tableau de détresse respiratoire
·         Examen             douleur thoracique vive, en « coup de poignard »
Voussure de l’hémithorax atteint, immobile
Trépied de GAILLARD sur tout l’hémithorax
Parfois signes de compression
Absence de skodisme
·         Radiographie du thorax : opacité dense, homogène, de tout l’hémithorax atteint avec refoulement du médiastion du côté opposé.
b.      Pleurésie de petite abondance
·         Signes fonctionnels discrets ou absents
·         Examen             abolition des vibrations vocales
Sub-matité thoracique
Abolition du murmure vésiculaire et frottements pleuraux sont évocateurs
·         Radiographie du thorax : Comblement du cul-de-sac costo-diaphragmatique
a.      Pleurésie scissurale ou inter-lobaire
·         Douleur en « écharpe » unilatérale, projetée sur la scissure
·         Trépied de GAILLARD « suspendu » entre 2 zones d’examen pleuro-pulmonaire normal
·         Radiographie du thorax : opacité en fuseau ou en lentille biconvexe
b.      Pleurésie médiastinale
·         Douleur rétro-sternale, dyspnée, dysphonie, hoquet, toux
·         Examen pleuro-pulmonaire souvent normal
·         Radiographie du thorax : Opacités floues, effaçant les bords su cœur, image en « sablier » ou parfois opacité triangulaire à sommet hilaire et à base diaphragmatique
c.       Pleurésie diaphragmatique
·         Douleur intense, hoquet
·         Radiographie du thorax : Ascension d’une hémi-coupole diaphragmatique
d.      Pleurésie enkystée
Elles sont dues à des adhérences pleurales.
·         Trépied de GAILLARD « suspendu », pouvant être associé à un frottement pleural et un souffle pleurétique ;
·         Radiographie du thorax : opacité dense, homogène, arrondie ou ovalaire, en plein parenchyme pulmonaire
A à un sérite péritonéale ou péricardique donnant à une polysérite.



·         Trépied de GAILLARD
·         Radiographie du thorax
·         Ponction pleurale pose le diagnostic

·         Syndrome infectieux
·         Syndrome pleural         Douleur thoracique + dyspnée + toux productive
Trépied de GAILLARD + râles crépitants
·         Biologie             hyperleucocytose à polynucléaires neutrophiles,
VS accélérée
Hémocultures positives
·         Radiographie du thorax : opacité dense, homogène à limite supérieure floue sans ligne bordante
·         Ponctions pleurale : liquide purulent, riche en leucocytes et polynucléaires neutrophiles altérés.
·         Même tableau clinique (que l’exsudat) mais souvent bilatéral
·         Ponctions pleural          macroscopie : liquide clair
Taux de protides < 20 g/l
·         Phase de foyer fermé : tableau de bronchopneumopathie aiguë
·         Vomique : pus franc fétide
·         Phase de foyer ouvert : tableau de suppuration profonde + syndrome de condensation pulmonaire
·         Syndrome d’épanchement pleural gazeux
·         Radiographie du thorax : hyperclarté périphérique, avasculaire
Syndrome pseudo-pleurétique de PINS

·         Anamnèse         Etat civil (exposition à l’amiante)
Antécédents : notion de contage tuberculeux, statut vaccinal (BCG)
Mode de vie : tabac, alcool
·         Clinique : examens cardiaque, spléno-ganglionnaire, péritonéal et articulaire
·         Paraclinique      cytologie et bactériologie du liquide de ponction pleurale
IDRT, Gen-Expert, ADA, Quantiferon,
Marqueurs tumoraux
Scanner thoracique
Biopsie pleurale + étude anapath
a.      Pleurésies infectieuses
·         Pleurésie tuberculeuse : secondaire à une PIT
Liquide de ponction pleurale   macroscopie : jaune citrin
                                                 A prédominance lymphocytaire
                                                 Recherche de BK
Ponction biopsie pleurale avec examen direct et culture sur milieu spécifique de LOWENSTEIN-JENSEN pose le diagnostic en montrant un granulome épithélioïde giganto-cellulaire avec nécrose caséuse.
·         Pleurésie bactérienne décapitée
Notion de prise d’antibiothérapie
Syndrome infectieux franc avec hyperleucocytose à PNN
Existence d’un foyer infectieux sous-jacent (DDB, atteinte parenchymateuse)
·         Pleurésie virale
Début brutal par un syndrome infectieux
Leuconeutropénie
Epanchement lymphocytaire
b.      Pleurésies néoplasiques
·         Métastases
Installation insidieuse
Epanchement pleural abondant, récidivant, séro-hémorragique ; cytologie anormale
Diagnostic repose sur la ponction biopsie pleurale avec étude anatomopathologique
·         Cancer broncho-pulmonaire primitif
·         Mésothéliome pleural
Epanchement habituellement bilatéral
Radiographie du thorax : plèvre festonnée, mamellonée avec calcifications en « coquille d’œuf »
c.       Autres
·         Collagénoses : PR, lupus systémique
·         Embolie pulmonaire
·         Idiopathiques


·         Tarir l’épanchement
·         Eviter sinon PEC les complications
·         Traiter la cause

·         Médicaux          Antibiotiques                                      Anticoagulants
Anti-tuberculeux                                Immunosuppresseurs
Corticoïdes                                        Chimiothérapie
adjuvant
·         Instrumentaux : ponction-talcage
·         Radiothérapie
·         Chirurgicaux     drainage
Symphyse pleurale
·         Autres : oxygénothérapie, remplissage vasculaire, kinésithérapie respiratoire, bilan pré-thérapeutique

Fonction de l’étiologie